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Carte blanche à Pierre Coffin : une soirée de l'AGrAF à retrouver sur Youtube

Jeudi 5 avril 21018, l’AGrAF a donné carte blanche à Pierre Coffin, auteur graphique, scénariste et surtout réalisateur de quatre blockbusters planétaires : “Moi, moche et méchant” 1, 2 et 3 et “les minions”.

 

Cette rencontre a eu lieu à la Maison des auteurs de la SACD, organisée et animée par Jean-Luc François, réalisateur.

 

Bio de Pierre Coffin :

 

Après des études de cinéma à la Sorbonne, Pierre Coffin intègre l’école des Gobelins au début des années 90. Il part ensuite en Angleterre, à Amblimation, le premier studio créé par Steven Spielberg à Londres, où il travaille sur plusieurs longs métrages en tant qu’assistant animateur.

 

Il retourne ensuite en France où il travaille pour le Centre national de documents pédagogiques en tant que graphiste sur ordinateur et animateur de programmes éducatifs pour la télévision. Il intègre ensuite le studio Ex-Machina en qualité d’animateur puis directeur d’animation. Spécialisé dans l’animation 3D, il se fait remarquer par des courts-métrages « les Pings », des histoires de pingouins martyrisés !

 

Avec la société Mac Guff, il réalise de nombreux films publicitaires dont l’écureuil de Caisse d’Epargne et Dédé, le cochon de la Française des jeux, les personnage/fruits d’Oasis (2004-2009).

 

En 2003, il réalise une série pour TF1, Pat et Stan, produit par Mac Guff.

En 2009, l’épisode Jour de bain, coréalisé avec Marco Allard, reçoit le prix spécial du

jury pour une série télévisée au Festival international du film d’animation d’Annecy.

 

En 2010, il est repéré par Illumination Entertainment, une filiale des studios Universal. Là, il coréalise, avec Chris Renaud, le long métrage Moi, moche et méchant, qui lui vaut une nomination aux BAFTA Awards. Carton planétaire !

 

En 2013, sort Moi, moche et méchant 2, coréalisé avec Chris Renaud, qui

obtient une nomination aux Oscars.

 

Puis suivent en 2015 Les Minions et en 2017 Moi, moche et méchant 3.

Pierre Coffin, un auteur ?

 

Pierre Coffin raconte se sentir toujours sur la brèche avec la qualité d’auteur car sa carrière est jonchée d’oeuvres “purement commerciales” : pub, série TV, blockbuster,… “Les rares fois où j’ai écrit mes propres trucs, ça n’a jamais abouti !”, confie-t-il.

 

En outre, malgré le succès des oeuvres sur lesquelles il a travaillé, Pierre Coffin affirme avoir du mal à considérer qu’elles sont de lui car “on a été jusqu’à 500 à travailler et après, j’ai du mal à me souvenir quelle idée vient de moi !

L’enfance de Pierre Coffin

 

Selon Pierre Coffin, l’enfance (qu’il fait aller jusqu’à 25 ans !) est déterminante. “Tout se passe quand on est petit. Tout ce qui arrive là, c’est toutes vos références qui vont ressortir après”, illustre-t-il.

 

Pierre Coffin a eu un père ancien militaire et diplomate avec lequel il a beaucoup voyagé. Son leitmotiv (qu’il reprend à son compte vis-à-vis de ses propres enfants) : “passe ton bac d’abord et tu verras après !”

 

Enfant, Pierre n’était pas très bon à l’école. Sa seule force était l’anglais. Faute de ne rien faire à l’école, il dessinait. Avec le recul, il a compris que les métiers créatifs étaient une manière de se faire aimer.

 

Son année à l’armée lui a servi à préparer les Gobelins. C’est même durant cette période qu’il a compris qu’on pouvait faire du dessin animé et en vivre.

La bibliothèque de Pierre Coffin

 

Petit, Pierre Coffin n’avait pas le droit de regarder la télé mais avait accès à la bibliothèque de mon père. C’est là qu’il découvre Sempé. “Toutes ces images m’ont fasciné. Avec un dessin, il y a une idée forte, une clarté”, témoigne-t-il. Il est surtout bluffé de voir qu’on peut raconter une histoire en une case.

 

Il découvre également Don Martin (Mad Magazine) et ses  “dessins très simples et super expressifs qui peuvent se passer de tout dialogue”.

 

C’est néanmoins Gotlib qui l’a presque lancé dans le dessin : “Je n’ai pas arrêté de le copier. Les mains me fascinaient”.

 

Mais son “maître ultime”, c’est Franquin !

 

Gary Larson a marqué ses dernières jeunes années.

 

S’il n’a pas le droit de regarder la télé, Pierre Coffin compense avec les jeux vidéos et notamment les jeux d’arcade. Là encore, il est fasciné par la simplicité des dessins.

Le déclic

 

Pierre Coffin remarque que Tex Avery est en fait une déclinaison de Histoires sans paroles de Buster Keaton. Il regarde à peu près tous les Disney à l’époque où il est veilleur de nuit dans un hôtel mais il doit son déclic à Brisby et le secret de Nimh. “C’est la première fois que je voyais un dessin animé avec un doublage pareil”, illustre-t-il avant de citer le comédien Jacques Balutin qui double le corbeau.

 

Des trucs à lui

 

Pierre Coffin raconte qu’il dessinait dès qu’il tombait amoureux (il projette quelques illustrations). Il s’efforçait également de faire un dessin par jour pour raconter une histoire en une case.

 

Pierre Coffin diffuse ensuite quelques extraits qui l’ont particulièrement marqué : Creature comfort (Nick Park), le voleur et le cordonnier Richard Williams), Knick Knack (John Lasseter), Gas Planet (Eric Darnell) ainsi qu’un court-métrage de Daniel Greaves.

Comment tout à commencé !

 

Pierre Coffin a fait une soixantaine de pub dont Dédé le cochon qui mêlait prise de vue réelle et animation puis une série TV (Pat & Stan) dont l’un des clips est devenu viral sur la Toile.

 

L’aventure de Moi, moche et méchant a débuté après qu’un ancien producteur de la Fox qui avait produit le 1er âge de glace et les Simpson ait vu sa bande démo chez Mac Guff.

 

L’homme lui présente un pitch (Evil Me) qu’on lui avait vendu : que fait un méchant chez lui quand il ne travaille pas ?

L’idée de base était très bonne mais je n’aimais pas ce qu’on me présentait”, se souvient Pierre Coffin qui contacte alors Eric Guillon. Le réalisateur et le dessinateur collaborent ensemble et le film est un succès !

 

Pierre Coffin relate ensuite son expérience américaine et confie que la manière de travailler des Américains l’a beaucoup surpris : “ils retravaillent le script jusqu’à 3 mois avant la fin du film ! Moi je pensais qu’ils ne commençaient pas avant d’avoir un scénario béton ni un script béton”, avoue-t-il.

 

Le succès du premier long-métrage a entraîné le deuxième. Mais plus encore que le 1er, Moi, moche et méchant 2 a été guidé par le travail d’Eric Guillon. “On savait que le film devait se terminer par une gigantesque bataille de confiture. Le producteur s’était fait un peu son film tout seul dans sa tête ! Tout a été fabriqué au fur et à mesure, tout changeait de semaine en semaine. On recevait des pages de script tous les jours. Tout ça a duré 3 ans, jusqu’au test screening avec 500 personnes dont enfants. A la fin de la séance, ils remplissaient des fiches. Une quarantaine d’entre eux restaient pour affiner et après, ça repartait à l’écriture !”, développe-t-il avant de reconnaître qu’il s’est posé plein de question sur cette manière de travailler.

 

Récemment Pierre Coffin est tombé sur un documentaire avec plein de vieux rushs montrant la façon dont Chaplin travaillait (il en passe un extrait). “Chaplin travaillait son script et ensuite improvisait. Je me suis dit que ça devait être ça la manière américaine de travailler”, conclut-il.

 

Cette soirée rencontre s’est prolongée par un apéro convivial en compagnie de l’invité.

 

 

Pour voir ou revoir la vidéo sur notre chaîne Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=xt7SQ3Sypuo&list=PLqGYfditbienpVEhVLR2tgmZQBk96cTYL

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