Les Auteurs Groupés de l'Animation Française

La soirée rencontre d'octobre est en ligne !

Soirée rencontre

Retour d'expérience : le long combat pour le long-métrage d'animation

 

Depuis quelques années, le nombre de longs-métrages d'animation ne cesse d'augmenter. Quel est le temps nécessaire à l'écriture d'un film ? Comment trouver le "bon" producteur et avec quel document : un scénario dialogué ? Un synopsis ? Des recherches graphiques ? Quelles sont les différentes étapes pour entrer en production ? Quel est le rôle du scénariste, de l’auteur graphique et du réalisateur ? Peut-on percevoir à travers les derniers films produit des outils vers le succès et les écueils à éviter ?

 

 

Pour répondre à ces questions, l'AGrAF a invité 8 intervenants le mercredi 22 novembre à la maison des auteurs de la SACD :

 

- Grégory Baranès, auteur et producteur (Favola)

- Eric Cazes, Réalisateur et co-scénariste du film « Vic le Viking » (Studio 100)

- Caroline Cor, chargée de mission au CNC, service du soutien à la production

- Pierre Coré, réalisateur, co-scénariste et co-producteur de « Sahara » (La Station Animation)

- Katell France, directrice générale de Studio 100 et productrice du film « Vic le Viking »

- Henri Magalon, producteur de "Tout en haut du monde" et "Zombilénium" (Maybe Movies)

- Jean Regnaud, scénariste de longs-métrages « Ma Maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill », « Le grand méchant renard »,  « Sam Sam ».

- Christian Ronget, co-producteur de « Sahara » (La Station Animation)

 

Cette soirée-rencontre animée par Jean-Luc François (réalisateur et administrateur de l’AGrAF) a réuni 55 participants dont 28 scénaristes, 3 auteurs graphiques, 6 réalisateurs, 1 storyboarder, 6 partenaires associatifs et institutionnels, 5 producteurs et représentants de chaîne TV et 6 étudiants.

 

Quelques chiffresde films français

 

Sahara : 12 millions d’euros de budget. 1,2 million d’entrées.

Ballerina : 30 millions d’euros de budget. 1,6 million d’entrées.

Le grand méchant renard : 1,3 million d’entrées.

La tortue Rouge : 80 000 d’entrées.

 

Trois grands types de films d’animation se dégagent :

1/ Des adaptations de livre, bande dessinée ou jeu.

2/ L’adaptation d’une série télévisée.

3/ La création originale.

 

Cette dernière catégorie est sans nul doute la plus risquée et s’appuie davantage sur le talent et le nom d’un créateur que sur celui de sa licence.

Une logique de marque

 

Les intervenants ont à tour de rôle confirmé qu’il était moins risqué de de porter à l’écran un personnage déjà connu : cela rassure à la fois les financeurs et permet d’attirer plus facilement le public.

 

C’est en tous cas la stratégie retenue par Studio 100 qui travaille actuellement sur le long-métrage d’animation Vic le Viking et vraisemblablement prochainement sur Heidi.

 

Bien que le métier soit le même, lors du passage au long-métrage, les participants ont expliqué que interlocuteurs sont différents, ce qui peut laisser le sentiment d’avoir à “tout réapprendre”.

 

Pour le long-métrage “Sahara”, création totalement originale, Pierre Coré et Christian Ronget ont opté pour la co-production : ils ont choisi une boîte de production très connue, ayant pignon sur rue : Mandarin Cinéma. Cette coproduction leur a permis de bénéficier du “coup de pouce” indispensable pour développer leur projet et de voir les portes s’ouvrir plus facilement. La difficulté a cependant consisté à les convaincre et surtout à les rassurer, notamment sur le plan financier et le planning.

 

Favola a également fait le choix de ne produire que des créations originales. Tout l’enjeu consiste alors à s’inscrire dans une logique de marque et de licence pour une meilleure visibilité du public. La question à se poser est la suivante : “qu’est-ce qui fait/pourquoi le public va-t-il venir voir ce film ?”

Il faut également faire très attention à la cible qui doit être clairement identifiée.

 

“Les as de la jungle”, création originale au départ est une série qui s’est transformée en marque et a fini par être adapté en long-métrage.

L’importancedu scénario

 

Les intervenants s’accordent tous à dire que le scénario joue un rôle majeur. Il doit faire rêver les commerciaux et être un socle fort de fabrication.

 

S’il n’est pas cohérent dès le début, la suite sera bancale.

 

Pour “Zombilenium”, le développement du film a été stoppé 10 mois, le temps de l’auteur puisse rendre sa bande dessinée à son éditeur et qu’il ait l’esprit libre pour reprendre le scénario. Le risque s’est avéré énorme pour le producteur (petite maison de production) mais c’était le prix à payer pour un scénario qui tienne la route et permette en cascade à chacun de travailler.

 

Jean Régnaud (“Ernest et Célestine”) rappelle qu’un scénario de long-métrage est certes le fruit du/des scénaristes mais également d’une multitude d’autres intervenants (producteur, assistants, chaînes,...).

 

Pour “Sahara”, il y a eu 14 versions de scénario mais une fois celui-ci ficelé, le storyboard a découlé très vite et le reste a été relativement limpide.

 

Dans le cas de “Vic le Viking”, il y a eu davantage de versions notamment car il y a une co-production avec l’Allemagne et la Belgique. Pour ce long-métrage, un scénariste allemand est venu collaborer sur la version dialoguée. Dans un cas comme celui-ci, chacun arrive avec sa culture, son humour, sa vision du film,... Ce qui contribue à complexifier l’écriture et à donner l’impression de ne pas avancer. Le film a mis deux ans à être écrit.

 

Pour “Tout en haut du monde”, il a fallu retravailler le scénario de A à Z car sur l’animatique, ça ne fonctionnait pas.

Le rôle du crédit d’impôt

 

Caroline Cor, chargée de mission au CNC, service du soutien à la production a informé qu’en 2017, 4 films d’animation ont été agréés par le CNC, contre 10 en 2016.

 

Elle a ensuite parlé de l’évolution du crédit d’impôt. Depuis 2016, il s’élève à 20% et ce pour tous les films tournés

 

Vidéo ici : https://www.youtube.com/playlist?list=PLqGYfditbiekwiPtImGHfg38eb_VJIU6q

 

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